Le Maroc refuse l’entrée sur son territoire au Codirecteur de NOVACT également membre et le mantient 12 heures en garde à vue

Le Maroc justifie ce refus d’entrée pour motifs de sécurité nacionale. Auparavant, les autorités marocaines avaient déjà expulsé la déléguée de NOVACT au Maghreb (2015) et exercé d’inaceptables pressions jusqu’à ce que l’ONG ferme son bureau de Rabat et le transfère à Tunis  (2016). Ces pressions contre les activités de NOVACT se produisent dans une situation de repression croissante contre les organisations indépendantes, locales et internationales qui travaillent pour la démocratie et les Droits de l’Homme au Maroc et dans toute la Méditerranée.

Barcelone, ​​10 mai 2018 – Dans la nuit du 7 mai, Luca Gervasoni co-directeur de l’Association Novact – Institut International pour l’Action Non Violente – s’est vu refusé l’entrée dans le pays par les autorités frontalières du Maroc, à l’aéroport de Rabat. Il a été maintenu 12 heures en garde à vue « pour des raisons de sécurité nationale “. Luca Gervasoni allait effectuer une brève mission d’examination de la situation de Droits de l’Homme dans le pays et évaluer la possibilité de restaurer le travail  de l’ONG sur le terrain.

NOVACT est une ONG internationale dédiée à la Construction de la Paix et à la Défense des Droits de l’Homme en Méditerranée. Ses bureaux sont situés à Barcelone, Madrid, Cáceres, Tunisie, Ramalla et Amman. Au Maroc, son action est basée sur le soutien à la Société civile marocaine, en particulier à l’AMDH et la CMODH, pour y faire progresser la justice de genre, la protection des droits civils et politiques ainsi que la promotion de la Démocratie Participative. En 2015 les pressions exercées par le Gouvernement Marocain contre NOVACT commencèrent, au moment où se produisait une inquiétante augmentation des restrictions contre les organisations locales des Droits de l’Homme.  Ces pressions ont inclus l’arrestation et l’expulsion de son Délégué du Maghreb, le 4 juin 2015 et le refus d’entrée de son représentant légal au Maroc dans la nuit du 27 juin 2016. Finalement, dans ce climat de peur et d’impunité, NOVACT décida de fermer son bureau marocain et d’initier le transfert de la délégation régionale du Maghreb en Tunisie, dans l’espoir de trouver un environnement plus favorable au travail de la société civile indépendante.

Le refus d’entrée de NOVACT au Maroc s’organise dans un contexte de détérioration croissante des droits et libertés fondamentales de la population marocaine, qui s’inscrit dans une campagne institutionnelle répressive contre les organisations et mouvements sociaux qui défendent les Droits de l’Homme dans le pays de forme indépendante. D’autres ONG internationales, telles que Human Rights Watch ou Amnesty International, ont également vu leur action au Maroc être limitée. Le climat de peur et de répression dont souffrent les ONG marocaines est encore plus grave.

Ces actions sont un nouveau signe de la criminalisation croissante du travail des ONGD dans toute la Méditerranée, où nous avons vu récemment la confiscation du bateau ONG Open Arms, et la construction d’une affaire judiciaire très grave contre son équipage qui se dédie à la protection des vies humaines. Mais encore, le récent cas de trois pompiers en procès en Grèce pour leur travail de sauvetage des migrants.

Pour tout ce que nous avons commenté précèdement, nous condamnons tous les formes d’empêchements, limitations et criminalisations du travail des ONGD en Méditerranée. Nous exhortons la communauté internationale et en particulier le gouvernement espagnol, à défendre la légitimité des actions de NOVACT et des  ONGD qui défendent et promeuvent les Droits de l’Homme.

Equipe NOVACT

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